10/09 2013

L'Agence régionale de santé condamnée

 

L’ISLE ADAM (VAL-D'OISE), LE 29 SEPTEMBRE 2013. Marie-Claire et Jacques, les parents d’Amélie, avaient saisi la justice par le biais d'une requête en référé-liberté pour qu'une place en hébergement spécialisé soit trouvée à leur fille, Amélie.

 

 
 
Une première en . Le tribunal administratif de Pontoise (Val-d'Oise) a ordonné ce lundi à l'Etat de «prendre toutes dispositions» pour qu'une place en hébergement spécialisé soit trouvée pour Amélie, une jeune fille lourdement handicapée dont les parents avaient attaqué l'administration au nom du «droit à la vie».
 


Dans son ordonnance du 7 octobre, le tribunal administratif a indiqué que le directeur général de l'Agence régionale de d'Ile-de- avait un délai de quinze jours pour «qu'une offre de soins permettant la prise en charge effective de la jeune femme, par un établissement médico-social adapté à son état, soit présentée à ses parents» . Cette injonction a été assortie «d'une astreinte financière de 200 euros par jour de retard», a précisé le tribunal dans un communiqué.

«Un espoir pour Amélie et l'ensemble des personnes concernées»


«C'est la justice avec un grand J pour les handicapés. Elle met une arme à leur disposition», alors que les institutions spécialisées sont engorgées, s'est félicité auprès Thierry Nouvel, directeur général de l'Unapei, une association qui défend les personnes handicapées mentales et qui avait épaulé les parents de la jeune fille, âgée de 19 ans.

Marie-Claire et Jacques Loquet, les parents d’Amélie, avaient saisi la justice par le biais d'une requête en référé-liberté, espérant ainsi créer un précédent judiciaire. «L'injonction que prononce le tribunal dans cette affaire nous donne un espoir pour Amélie mais aussi pour l'ensemble des personnes concernées» a ainsi estimé le directeur de l'association. En effet, jusqu'à présent, les personnes handicapées qui saisissaient la justice obtenaient au mieux des dommages et intérêts plutôt qu'une place d'hébergement.

Un handicap qui nécessite une surveillance 24 heures sur 24

Amélie Loquet avait eu accès à des établissements spécialisés jusqu'à sa majorité. Mais elle avait dû quitter en octobre 2012 l'institut médico-éducatif qu'elle fréquentait, pour retourner vivre chez ses parents. La jeune femme est atteinte du syndrome de Prader-Willi, une anomalie génétique rare qui a entraîné un retard mental et l'a rendue obèse. Elle souffre aussi de troubles autistiques, de troubles envahissants du développement et doit être surveillée par ses parents 24 heures sur 24.

«Amélie est complètement isolée, elle n'a plus de relations sociales» depuis qu'elle reste à la maison, avait expliqué sa mère, pour justifier sa requête. «Le fait qu'elle soit (à la maison) sans activité, ça développe tous ses troubles», avait-elle ajouté.

Les maisons d’accueil spécialisées (MAS) ou les foyers d’accueil médicalisé (FAM), deux structures qui peuvent prendre en charge les personnes lourdement handicapées, disposent au total de 44 416 places sur l’ensemble de la France d’après une enquête du ministère des Affaires sociales de 2010. Mais les délais d’attente sont, au mieux, de deux ans. Selon l’Unapei, 6 000 jeunes adultes handicapés seraient contraints de rester dans des foyers pour enfants, tandis que 5 000 retournent au domicile familial. Le nouveau plan Autisme 2013-2017 prévoit la création de 1 500 places d’accueil pour les adultes handicapés, notamment dans les MAS et les FAM.

--> Source : LeParisien.fr <--

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